Remboursement du Viagra et des traitements de l’impuissance
Le remboursement du Viagra n’existe pas en pharmacie de ville en 2026 : ni le sildénafil, ni le tadalafil, ni les autres comprimés de l’érection ne sont pris en charge par la Sécurité sociale, même sur ordonnance et même en ALD. Les consultations, les examens, certaines injections et l’implant pénien le sont, aux taux habituels.
Les comprimés : prix libre, aucun remboursement
Les inhibiteurs de la PDE5 ont une autorisation de mise sur le marché depuis 1998 pour le Viagra, mais ils ne figurent pas sur la liste des médicaments remboursables en ville. En mars 2022, la Haute Autorité de santé a pourtant rendu un avis favorable à un remboursement à 65 % du sildénafil, limité à des hommes atteints de causes organiques graves : paraplégie ou tétraplégie, neuropathie diabétique, sclérose en plaques, séquelles de chirurgie, de radiothérapie ou de traumatisme du bassin, traitement antipsychotique au long cours. En juillet 2022, le sildénafil a été agréé aux collectivités, ce qui permet son usage à l’hôpital pour ces patients ; aucun arrêté d’inscription en ville n’a suivi, et l’Assurance maladie indique toujours en 2026 que le sildénafil n’est pas remboursé dans la dysfonction érectile.
Conséquence pratique : le prix est fixé librement par chaque pharmacie. L’agrément aux collectivités a fait passer la TVA de ces boîtes de 10 % à 2,1 %, sans encadrer le prix final. Les génériques ramènent la dépense à quelques euros par comprimé : 26,99 € la boîte de 12 de sildénafil 50 mg relevée cet automne dans une pharmacie de Perpignan, contre une moyenne d’environ 47 € pour quatre comprimés de Viagra 50 mg de marque. Aucune franchise médicale ne s’applique sur ces boîtes, puisqu’elles ne sont pas remboursées.
Consultations et examens
Le reste du parcours suit les règles ordinaires de la Sécurité sociale : 70 % du tarif conventionnel pour les consultations dans le parcours de soins, 30 % sans médecin traitant ou sans lettre d’adressage vers le spécialiste, 60 % pour les analyses de laboratoire, 70 % pour l’imagerie.
| Acte (secteur 1, parcours de soins) | Tarif 2026 | Versé par l’Assurance maladie |
|---|---|---|
| Généraliste au cabinet | 30 € | 19 € |
| Généraliste en vidéo | 25 € | 15,50 € |
| Spécialiste en vidéo, hors OPTAM / OPTAM | 23 € / 30 € | 14,10 € / 19 € |
| Urologue, consultation simple | une trentaine d’euros | environ 19 € |
| Avis ponctuel de consultant, demandé par le médecin traitant | 67,50 € | 45,25 € |
| Bilan sanguin (glycémie, lipides, testostérone) | selon les dosages | 60 % moins 2 € |
| Clinique en ligne à prix libre | 28 à 35 € | 0 € |
Chaque montant versé tient compte de la participation forfaitaire de 2 € par consultation ou par passage au laboratoire. Les dépassements d’honoraires des médecins de secteur 2 ne sont jamais remboursés par l’Assurance maladie ; la mutuelle les couvre selon son contrat.
Injections et alprostadil
L’alprostadil (Edex, Vitaros) est remboursable dans des situations restreintes, pour une dysfonction érectile marquée chez des patients atteints notamment de paraplégie ou de sclérose en plaques, ou après une chirurgie ou une radiothérapie pelvienne. La base publique des médicaments affiche par exemple l’Edex à 18,62 € la boîte de deux cartouches, remboursé à 30 %. En dehors de ces indications, le médecin prescrit sans remboursement et le patient paie le prix public.
Quand la cause de la dysfonction est elle-même reconnue en affection de longue durée, la prescription en rapport avec l’ALD figure dans la partie haute de l’ordonnance bizone, et la part remboursable est alors prise en charge à 100 %. J’ai relevé dans la base publique que le Caverject a cessé d’être commercialisé en France fin mai 2026.
L’ALD et ses limites
L’affection de longue durée exonère du ticket modérateur pour les soins liés à la maladie reconnue : le diabète (ALD 8), un cancer de la prostate (ALD 30), une sclérose en plaques (ALD 25) ou une paraplégie (ALD 20) peuvent fonder ce lien avec les troubles de l’érection. Concrètement :
- les consultations de suivi, le doppler et le bilan sanguin en rapport avec la maladie passent à 100 % du tarif de base ;
- les injections remboursables passent de 30 % à 100 % si l’indication et le lien avec l’ALD sont réunis ;
- les comprimés sont payés en totalité par l’assuré, faute d’inscription sur la liste des médicaments remboursables ;
- la participation forfaitaire de 2 € et la franchise de 1 € par boîte continuent de s’appliquer.
Implant, ondes de choc, pompe et sexothérapie
- Implant pénien : la prothèse et l’hospitalisation sont prises en charge par l’Assurance maladie quand la dysfonction résiste aux autres traitements ; un chirurgien de secteur 2 peut facturer un dépassement.
- Ondes de choc de faible intensité : aucun acte remboursable, cure entièrement payée par le patient.
- Pompe à vide : pas de prise en charge, y compris dans la rééducation après prostatectomie.
- Sexothérapie : remboursée seulement chez un médecin sexologue conventionné ou chez un psychologue du dispositif Mon soutien psy, plafonné à 12 séances annuelles ; les sexothérapeutes non médecins hors dispositif ne sont pas remboursés.
Franchises et participations : les plafonds de 2026
La participation forfaitaire reste de 2 € par consultation, acte de radiologie ou de biologie, et la franchise médicale de 1 € par boîte de médicament remboursée. Depuis le 1er octobre 2026, le plafond annuel de chacune est porté de 50 € à 70 €, soit 140 € au maximum par an et par assuré, retenus sur les remboursements suivants. Ces montants ne sont pas couverts par les contrats de mutuelle responsables.
La mutuelle et les médicaments non remboursés
La mutuelle rembourse le ticket modérateur sur les actes pris en charge et, selon le contrat, une partie des dépassements d’honoraires. Pour les comprimés, certains contrats prévoient un forfait annuel « médicaments prescrits non remboursés », souvent de quelques dizaines d’euros, versé sur présentation de l’ordonnance et de la facture de la pharmacie. Le tableau de garanties le mentionne sur une ligne distincte de la pharmacie remboursée.
Un budget annuel chiffré
Un homme de 61 ans, diabétique en ALD, traité par sildénafil 50 mg générique à raison de huit prises par mois. Sur un an : quatre consultations de suivi chez son médecin traitant, prises en charge à 100 % hors participation (8 € de participations), un bilan sanguin en rapport avec le diabète (2 € de participation), et 96 comprimés, soit huit boîtes de douze à 26,99 €, environ 216 €. Total de l’année : environ 226 €, dont 216 € pour les seuls comprimés. Je calcule ce budget sur le prix relevé ; selon la pharmacie, la même quantité peut coûter sensiblement plus ou moins, et un forfait mutuelle de 50 € ramènerait la dépense à 176 €.
Vos questions
Le Viagra est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Non, ni le Viagra ni ses génériques ne sont remboursés en pharmacie de ville, même sur ordonnance. Un avis favorable de la HAS en 2022 pour certaines maladies graves n'a pas été suivi d'une inscription sur la liste des médicaments remboursables.
Le Cialis est-il remboursé en ALD ?
Non, l'ALD ne couvre que les traitements remboursables en rapport avec la maladie, et le tadalafil n'en fait pas partie. Les consultations et examens liés à la maladie reconnue sont en revanche pris en charge à 100 % du tarif de base.
Combien coûte un traitement pour l'impuissance par mois ?
Avec des génériques de sildénafil, compter de l'ordre de 15 à 25 € pour huit prises par mois aux prix relevés en 2026. Aux prix moyens relevés, le comprimé de Viagra de marque revient à environ cinq fois celui du générique.
Est-ce que la mutuelle rembourse le sildénafil ?
Seulement si le contrat prévoit un forfait pour les médicaments prescrits non remboursés, ce qui n'est pas systématique. Le montant est alors plafonné par an et versé sur facture et ordonnance.