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Vardénafil (Levitra) et avanafil (Spedra)

Rédigé par Franck · mise à jour 27 octobre 2026 · lecture 6 min

Le Levitra contient du vardénafil, un IPDE5 à prendre à la dose de 10 mg, 25 à 60 minutes avant le rapport, avec un effet observé jusqu’à 4 à 5 heures. Le Spedra contient de l’avanafil, le plus récent des quatre, à prendre 15 à 30 minutes avant à la dose de 100 mg. Ces deux molécules occupent une place plus discrète que le sildénafil et le tadalafil, avec des profils pharmacologiques bien à elles.

Levitra : comprimé pelliculé et forme orodispersible

Le vardénafil a obtenu son autorisation européenne le 6 mars 2003, au nom du laboratoire Bayer. Trois dosages pelliculés (5 mg, 10 mg, 20 mg) s’avalent avec de l’eau ; un orodispersible unique, à 10 mg, se dépose sur la langue, sans liquide, dès sa sortie de la plaquette.

La dose recommandée est de 10 mg, avec ou sans nourriture, à raison d’une prise par jour au plus. Selon la réponse, le médecin monte à 20 mg ou descend à 5 mg. La forme orodispersible n’est pas bioéquivalente au comprimé pelliculé : elle ne remplace pas un 10 mg classique gramme pour gramme, et son plafond est de 10 mg par jour.

Délai et durée du vardénafil

À jeun, la concentration maximale est atteinte entre 30 et 120 minutes chez 90 % des hommes, avec une médiane de 60 minutes. Un repas riche en graisses (57 % de lipides dans l’étude) retarde ce pic d’une heure et réduit la concentration de 20 %, sans changer la quantité totale absorbée. La demi-vie est de 4 à 5 heures, de 4 à 6 heures pour la forme orodispersible.

Dans les essais, certains hommes obtenaient une érection permettant la pénétration dès 15 minutes après la prise ; l’écart avec le placebo devenait statistiquement net à 25 minutes, et le bénéfice persistait chez une partie des patients 4 à 5 heures après le comprimé.

Les résultats chiffrés du vardénafil

Je reprends du RCP les études à dose fixe de trois mois, qui distinguent deux critères : réussir la pénétration, et garder l’érection jusqu’à la fin du rapport.

Population et dose Pénétration réussie Érection maintenue
Générale, 5 mg 68 % 53 %
Générale, 10 mg 76 % 63 %
Générale, 20 mg 80 % 65 %
Générale, placebo 49 % 29 %
Diabétiques, 10 / 20 mg 61 / 64 % 49 / 54 %
Après prostatectomie, 10 / 20 mg 47 / 48 % 37 / 34 %
Lésion médullaire 76 % 59 %
Orodispersible 10 mg 71 % 63 %

Sous placebo, les diabétiques réussissaient la pénétration dans 36 % des cas (étude à 10 mg) et 23 % (étude à 20 mg), les hommes opérés de la prostate dans 22 % et 10 %. La forme orodispersible se comparait à 44 % de pénétrations et 26 % d’érections maintenues sous placebo.

Interactions et contre-indications propres au vardénafil

Le vardénafil est très sensible aux inhibiteurs de l’enzyme CYP3A4. Les chiffres de la notice parlent d’eux-mêmes : l’indinavir multiplie l’exposition par 16, le ritonavir par 49, le kétoconazole par 10, l’érythromycine par 4. D’où trois règles :

  • ritonavir et indinavir : association contre-indiquée ;
  • kétoconazole ou itraconazole par voie orale : contre-indiqués après 75 ans ;
  • érythromycine ou clarithromycine : vardénafil plafonné à 5 mg.

Le jus de pamplemousse freine la même enzyme et le RCP demande de s’en passer. Le RCP déconseille aussi le vardénafil chez les hommes à risque d’allongement de l’intervalle QT à l’électrocardiogramme (QT long congénital, potassium bas). S’y ajoutent les exclusions de la famille : dérivés nitrés, riociguat, tension sous 90/50 mmHg, infarctus ou AVC dans les six derniers mois, insuffisance cardiaque de stade NYHA III ou IV, angor instable, NOIAN, rétinite pigmentaire, insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C) et insuffisance rénale terminale sous dialyse.

Ajustements : départ à 5 mg en cas d’insuffisance rénale sévère ou d’insuffisance hépatique légère à modérée, plafond de 10 mg en insuffisance hépatique modérée. Avec un alpha-bloquant, le traitement ne commence qu’une fois la tension stable ; la tamsulosine et l’alfuzosine se prennent à n’importe quelle heure, les autres alpha-bloquants avec un intervalle.

Spedra : l’avanafil

L’avanafil a reçu son autorisation européenne le 21 juin 2013. En France, il est commercialisé par Menarini sous le nom de Spedra, en comprimés de 50, 100 et 200 mg, en boîtes de 2 à 12 comprimés selon le dosage. Le Vidal le recense comme commercialisé à sa mise à jour de septembre 2026.

La dose recommandée est de 100 mg, environ 15 à 30 minutes avant l’activité sexuelle, une fois par jour au plus, ajustable à 50 ou 200 mg. Le pic sanguin survient en 30 à 45 minutes à jeun. Un repas gras retarde l’effet d’environ une heure.

Dans l’essai principal, la part de rapports réussis est passée d’environ 13 % au départ à 57 % sous 100 ou 200 mg pris une demi-heure avant, contre 27 % sous placebo. Une seconde étude, conduite sur 440 hommes avec une prise environ 15 minutes avant le rapport, a mesuré un gain significatif sur le placebo dès ce délai court. Trois essais randomisés ont inclus au total 1 168 hommes traités par avanafil.

Interactions de l’avanafil

Les inhibiteurs puissants du CYP3A4 (kétoconazole, ritonavir, atazanavir, clarithromycine, indinavir, itraconazole, néfazodone, nelfinavir, saquinavir, télithromycine) sont contre-indiqués avec l’avanafil. Avec un inhibiteur modéré (érythromycine, diltiazem, vérapamil, fluconazole, aprépitant), la dose plafonne à 100 mg, avec 48 heures au moins entre deux prises. Le pamplemousse sort du menu dans les 24 heures qui précèdent le comprimé.

Effets indésirables mesurés

Pour le vardénafil, le mal de tête touche au moins un patient sur dix. Après 65 ans, à 20 mg, il concerne 16,2 % des hommes contre 11,8 % des plus jeunes, et les vertiges 3,7 % contre 0,7 %. Bouffées vasomotrices, nez bouché et digestion difficile complètent le tableau habituel. Pour l’avanafil, céphalées, rougeurs du visage et nez bouché figurent parmi les effets fréquents (jusqu’à un homme sur dix), les douleurs dorsales peu fréquentes (jusqu’à un sur cent).

Un exemple : un homme sous tamsulosine

Un homme de 66 ans traité par tamsulosine pour sa prostate, tension stable, IIEF-5 à 16, cherche une prise courte et rapprochée du rapport. Avec le vardénafil, la tamsulosine figure parmi les deux alpha-bloquants qui ne demandent pas d’intervalle entre les prises : un comprimé de 10 mg, une demi-heure avant, à distance d’un repas gras. Avec l’avanafil, le délai descend à 15 à 30 minutes. J’ai relevé dans le RCP du vardénafil qu’après 65 ans, l’exposition au médicament augmente de 52 % : la notice demande une montée mesurée vers 20 mg à cet âge.

Prix et ordonnance

Les deux molécules sont inscrites sur la liste I, délivrées sur ordonnance, non remboursées et vendues à prix libre. Le vardénafil existe en génériques : Vardénafil Biogaran 10 mg, par exemple, est commercialisé en boîtes de 4 et 8 comprimés. Le Spedra revient à environ 6 € le comprimé dans les relevés de 2026.

Vos questions

Combien de temps avant faut-il prendre le Levitra ?

La notice prévoit 25 à 60 minutes avant le rapport pour la dose de 10 mg. Dans les essais, certains hommes avaient une érection suffisante dès 15 minutes ; un repas gras décale l'effet d'environ une heure.

Est-ce que le Spedra agit plus vite que le Viagra ?

La notice du Spedra indique une prise 15 à 30 minutes avant, contre une heure pour le sildénafil, et son pic sanguin arrive en 30 à 45 minutes. Le délai réel varie avec le repas et d'un homme à l'autre.

Le Levitra orodispersible est-il plus fort que le comprimé ?

Non, il est dosé à 10 mg et n'est pas bioéquivalent au comprimé pelliculé. Il se prend sans eau sur la langue et son maximum est de 10 mg par jour.

Le vardénafil existe-t-il en générique ?

Oui, plusieurs génériques du vardénafil sont autorisés en France, dans les trois dosages de la marque. Ils sont sur ordonnance et non remboursés, comme la marque Levitra.

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