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3Âges

Érection après 60 et 70 ans : traitements et sexualité

Rédigé par Franck · mise à jour 27 octobre 2026 · lecture 5 min

L’érection après 60 ans change de rythme sans disparaître : elle met plus de temps à venir, demande une stimulation plus directe et retombe plus vite après l’éjaculation. Dans une enquête nationale américaine publiée en 2007, plus d’un homme sur trois interrogé entre 57 et 85 ans citait une difficulté d’érection, en tête des problèmes sexuels masculins, alors que la majorité des moins de 75 ans gardaient une activité sexuelle.

Le corps à 65 ans : une érection plus lente

Plusieurs mécanismes se cumulent avec les années :

  • le muscle lisse des corps caverneux perd de sa souplesse et se remplit moins vite ;
  • les nerfs du bassin conduisent le signal moins efficacement, d’où le besoin de caresses directes du pénis là où une image suffisait à 30 ans ;
  • la période réfractaire, ce délai avant une nouvelle érection après l’éjaculation, s’allonge de plusieurs heures à plus d’une journée ;
  • les érections nocturnes deviennent moins nombreuses et moins rigides.

Ces changements relèvent du vieillissement ordinaire. On parle de dysfonction quand l’érection ne permet plus la pénétration ou ne tient pas jusqu’au bout du rapport, de façon répétée.

Les chiffres après 60 ans

Étude Population Résultat
Cologne, 2000 hommes de 70 à 80 ans 53,4 % de troubles de l’érection
MMAS, Massachusetts hommes de 70 ans 67 % de probabilité d’un trouble, tous degrés
MMAS, suivi sur 9 ans hommes de 60 à 69 ans 46,4 nouveaux cas pour 1 000 et par an
Synthèse française hommes de plus de 60 ans 13 à 28 % de troubles modérés ou sévères
Enquête américaine NSHAP, 2007 1 455 hommes de 57 à 85 ans 37 % de difficultés d’érection

Les écarts tiennent à la définition : certaines enquêtes comptent les troubles légers, d’autres seulement les troubles qui empêchent le rapport.

Une activité sexuelle qui continue

L’enquête NSHAP, menée à domicile auprès de 3 005 Américains, a chiffré l’activité sexuelle avec un partenaire dans l’année : 73 % entre 57 et 64 ans, 53 % entre 65 et 74 ans, 26 % entre 75 et 85 ans. Chez les 75-85 ans qui avaient encore une vie sexuelle, la fréquence restait soutenue : la moitié ou davantage déclaraient deux ou trois rapports mensuels au minimum, près d’un quart un rapport hebdomadaire ou plus. J’ai relevé deux autres données dans la même publication : 38 % seulement des hommes avaient évoqué leur sexualité en consultation passé la cinquantaine, et 14 % prenaient un produit, médicament ou complément, destiné à l’améliorer.

La partenaire change aussi

Dans un couple du même âge, la ménopause réduit la lubrification et amincit la muqueuse vaginale, ce qui rend la pénétration plus inconfortable. Un lubrifiant à base d’eau ou de silicone, ou un traitement œstrogénique local prescrit à la partenaire, règle souvent ce versant du problème. Une érection moins ferme pénètre plus facilement un vagin bien lubrifié : les deux traitements se complètent, et un couple qui ne traite qu’un côté obtient souvent un résultat partiel.

La sexualité se réorganise souvent : caresses plus longues, rapports sans pénétration, positions où la partenaire guide l’angle et le rythme, comme l’andromaque, qui évite à l’homme de soutenir son poids.

Les comprimés chez le senior

Les IPDE5 restent le premier traitement à tout âge. Je reprends les points de la notice du sildénafil qui concernent le plus souvent cette tranche :

Situation Règle de la notice
65 ans et plus, sans autre particularité aucune adaptation, départ à 50 mg
Insuffisance rénale sévère (clairance sous 30 ml/min) départ à 25 mg, puis 50 et 100 mg si besoin
Atteinte hépatique, cirrhose départ à 25 mg envisagé
Alpha-bloquant pour la prostate patient stabilisé, départ à 25 mg envisagé
Dérivés nitrés, poppers, riociguat association contre-indiquée
Infarctus ou AVC récent, tension sous 90/50 non étudiés, exclus

Le tadalafil 5 mg en prise quotidienne supprime la contrainte d’horaire et convient aux couples qui préfèrent la spontanéité. Les céphalées, effet indésirable très fréquent du sildénafil (plus d’un patient sur dix), et les bouffées de chaleur sont les effets les plus rapportés dans les essais.

Quand les comprimés ne suffisent plus

Injections intracaverneuses

L’alprostadil injecté sur le côté du pénis dilate directement les artères caverneuses ; l’érection arrive en 5 à 20 minutes, que les nerfs fonctionnent ou non. Il fonctionne chez des hommes que le diabète ou la chirurgie ont rendus insensibles aux comprimés. Depuis la mise à jour de la notice d’Edex en 2015, la première dose testée est de 2,5 µg. Le remboursement à 30 % ne s’applique qu’à des causes listées : diabète avec neuropathie avérée, séquelles de chirurgie pelvienne ou de radiothérapie, paraplégie, sclérose en plaques.

Pompe à vide

Un cylindre placé sur le pénis crée une dépression qui attire le sang ; un anneau à la base le retient. La méthode n’interagit avec aucun médicament, ce qui la rend compatible avec les dérivés nitrés et les anticoagulants, à condition de limiter le port de l’anneau à 30 minutes.

Implant pénien

Deux cylindres gonflables placés dans les corps caverneux, reliés à une pompe dans le scrotum, donnent une érection à la demande. L’opération dure une heure à une heure et demie et se pratique jusqu’à un âge avancé chez un homme en état d’être opéré.

Exemple : 71 ans, coronarien, sous trinitrine

Un homme de 71 ans, opéré d’un pontage il y a cinq ans, garde un spray de trinitrine sur prescription. Sa compagne et lui ont un rapport tous les quinze jours environ, et son érection ne permet plus la pénétration depuis deux ans (IIEF-5 à 9). Les comprimés étant exclus par la notice, l’urologue lui propose un test d’injection au cabinet : à 5 µg, l’érection obtenue dure une quarantaine de minutes. Le couple alterne ensuite injections pour les rapports avec pénétration et soirées de caresses sans traitement.

Vos questions

Peut-on encore bander à 70 ans ?

Oui. Près de la moitié des septuagénaires interrogés à Cologne échappaient au trouble, et les autres disposent de traitements efficaces. L'érection demande simplement plus de stimulation et de temps qu'à 40 ans.

Le Viagra est-il dangereux après 70 ans ?

La notice ne prévoit aucune réduction de dose liée à l'âge seul. Les exclusions portent sur les dérivés nitrés, une tension très basse, un infarctus ou un AVC récent, quel que soit l'âge.

Quel traitement quand le Viagra ne marche plus chez un homme âgé ?

Le tadalafil quotidien, les injections d'alprostadil, la pompe à vide et l'implant pénien sont les options suivantes. Le choix dépend des maladies associées, des traitements en cours et de la fréquence des rapports.

Combien de fois par mois font l'amour les seniors ?

Dans l'enquête américaine NSHAP, plus de la moitié des 75-85 ans sexuellement actifs avaient au moins deux à trois rapports par mois. Près d'un sur quatre en avait au moins un par semaine.

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